Transplantations

Historique :

Après quelques rares tentatives non couronnées de succès dans la première moitié du XXième siècle,  « l’aventure humaine » des transplantations a commencé en 1955.

  • 1ères transplantations réussies :
    • 1955 : rein
    • 1956 : moelle osseuse
    • 1967 : cœur, pancréas
    • 1972 : foie
    • 1976 : foie foetal
    • 1981 : poumon, cœur + poumon, intestins
    • 1988 : foie foetal in utero (chez le foetus humain)

Depuis 10 ans les transplantations se sont développées de façon très dynamique. Les résultats en terme de durée et de qualité de vie des patients sont très satisfaisants. De plus en plus de malades peuvent solliciter une greffe salvatrice et sont inscrits sur des listes d’attente. Cependant le nombre de transplantations ne progresse pas,  faute d’organes .

En 2009, 4 580 greffes ont été réalisées contre 4 620 en 2008. L’activité est stable pour la greffe cardiaque, en diminution de -3,8 % pour la greffe de rein  et en progression de +3,5% pour la greffe de foie. Chaque année le nombre de patients en attente de greffe augmente. En 2009, 14 400 patients attendaient une greffe alors que seulement 4 580 greffes ont été réalisées.

La 1ère complication grave de la transplantation est l’absence de greffe car le malade peut décéder en liste d’attente.

La juridiction :

En France, selon le décret du 24 septembre 1990,  la pratique des greffes d’organes nécessite l’inscription des patients sur une liste nationale, établie par type de transplantation.

La loi du 18 janvier 1994 relative à la santé publique et à la protection sociale a confié à l’Etablissement Français des greffes, devenu l’Agence de la Biomédecine, l’enregistrement de l’inscription des patients sur cette liste et sa gestion.

Afin de tenter d’homogénéiser les durées d’attente de greffe et de respecter des principes d’équité, des règles de répartition des greffons ont été élaborées selon un système de score tenant compte de critères :

  • menace vitale à cours terme
  • âge
  • ancienneté d’inscription sur la liste d’attente
  • appariement en âge donneur/receveur
  • compatibilité HLA
  • La difficulté d’accès à la greffe (groupe sanguin rare, receveur immunisé ou hyperimmunisé).

La mort encéphalique :

En France pour que des prélèvements soient pratiqués sur le cadavre d’une personne, il est impératif que le décès soit préalablement constaté.

La mort encéphalique intervient à l’occasion d’un arrêt brutal ou progressif de la circulation cérébrale à la suite d’un œdème cérébral. Le cerveau est détruit de façon irréversible. Dans ce contexte le cœur de la personne décédée peut continuer de battre et les organes restent irrigués grâce à une assistance mécanique, de ce fait, ils ne se détériorent pas.

Le constat de la mort ne peut être établi qu’aux conditions suivantes :

  • absence totale de conscience et d’activité motrice spontanée
  • absence de tous réflexes du tronc cérébral
  • absence totale de ventilation spontanée
  • deux encéphalogrammes ou une angiographie attestant du caractère irréversible de la destruction encéphalique
  • constat de mort signé par deux médecins, indépendants de l’équipe de transplantation.

Le consentement présumé :

En France, si une personne est opposée aux dons d’organes après sa mort elle peut le faire connaître par tout moyen, notamment par l’inscription sur le « registre national des refus », tenu par l’Agence de la Biomédecine.

Sinon, selon l’article L 1232-1, le prélèvement d’organes sur personne décédée peut être pratiqué. Le principe étant que si la personne n’a pas signifié son refus d’être donneur d’organes c’est qu’elle est pour.

Dans les faits, l’équipe médicale est obligée d’interroger la famille qui, dans ce moment douloureux de la perte d’un être cher, refuse le prélèvement d’organes dans plus d’un tiers des cas.

Si le défunt a fait savoir sa volonté de donner ses organes, par exemple en possédant une carte de donneur, l’avis de la famille peut être facilité, bien que cette carte n’ait pas stricto sensu une valeur légale opposable.

De fait, la carte de donneur facilite le dialogue avec l’équipe médicale, enlève à la famille le poids de la décision et lui permet de respecter la volonté du défunt.

Quand on interroge la population, la majorité est d’accord pour être transplanté en cas de besoin vital, il paraît donc logique que ces mêmes personnes soient d’accord pour donner leurs organes après leur mort   permettant ainsi cette chaîne de solidarité.

Il est essentiel que chacun soit informé sur la possibilité d’être, ou non, donneur d’organes et soit conscient qu’avec ce geste de solidarité en faveur de la greffe il peut sauver plusieurs vies.